En Mai, de quoi rêvais-tu ?
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Normalien, philosophe, élève d'Althusser, Robert Linhart est une des étoiles filantes du mouvement maoïste qui traversent le ciel de Mai 68. Surdoué et charismatique, il embauche comme ouvrier chez Citroén, quand les chars soviétiques sonnent à Prague le glas du temps des cerises. Il en tire un livre désormais classique « L'Etabli » (1978, Minuit). Vient le temps de la mélancolie - versant Musset dans sa « Confession d'un enfant du siècle ». Et Robert Linhart se tait. Ce mutisme - forme d'autisme politique et social - sa fille Virginie le radioscopie. On comprend et on partage ! Quand, petite fille, la lecture des vacances est moins « Martine à la plage « qu'une dictée de Maupassant, administrée dans les hauteurs cévenoles de Sumène, on rêve de saisir le sens de l'engagement de l'auteur de ses jours. Du coup, quarante ans sonnant à l'horloge commémorative, d'interroger ses congénères - fils et filles des acteurs de Mai ... François Geismar - fils d'Alain, Florence et Nathalie Krivine -- filles d'Alain, Gilles Olivier de Sardan - fils de Jean-Pierre, Samuel Castro, fils de Roland, et Aurélia Faubert, Sylvain Kahn, René Lévy... Tous et toutes embarqués dans cette prodigieuse efflorescence de mots, de slogans, d'espoirs, de manifs qui scandent la jeunesse d'enfants - solitaires et solidaires - ayant eu la chance d'avoir des père et mère révolutionnaires. De ce va-et-vient entre la figure emblématique de Robert Linhart et des évènements qui modèlent toujours notre histoire politique et sociale, on retire que « d'une certaine manière, ce fut le plus beau des mondes », Michel Boissard Le jour où mon père s'est tu, V.Linhart, Seuil, 2008, 16 euros |