BLANCHE COMME LA NEIGE, ROUGE COMME LE SANG

Publié le par Michel Boissard

                             

 

Au centième anniversaire de sa naissance il est bon,  comme le fait avec une attention passionnée Laure Adler, de réinvestir l’œuvre et la vie de la philosophe Simone Weil (1909-1943). Une vie qui « comme dans les contes de Grimm, serait blanche comme la neige et rouge comme le sang ». Une vie qui additionne les conjonctions de coordination (F. L’Yvonnet). Née dans une famille de confession juive et agnostique, Simone Weil sera normalienne, agrégée de philosophie, professeur et ouvrière d’usine chez Alsthom et Renault. Chrétienne et communiste anti-stalinienne. Pacifiste à tout crin et engagée dans la colonne anarchiste Durutti  pendant la Guerre d’Espagne, et s’opposant à ce qu’on fusille un prêtre  nationaliste… Imbue de culture gréco-latine et consciente de l’émergence d’un monde qui appelle l’universel. Collaboratrice en 1937 des « Nouveaux cahiers », revue du rapprochement franco-allemand et diffuseuse des « Cahiers du Témoignage Chrétien », réseau jésuite de Résistance sous l’Occupation nazie à Lyon. Ouvrière agricole en 1941 au village ardéchois du philosophe monarchiste Gustave Thibon et agent de la « France Libre » à Londres prés de Maurice Schumann.  Auteur de «Attente de Dieu » (1949) et de « « La Condition ouvrière » (1951).  D’une œuvre intégralement publiée post-mortem et « tout entière consacrée à la justice, qui la portera   peu à peu à ce premier rang que son auteur refusa obstinément durant sa vie » (Albert Camus).

 

                                                                                                                                                      Michel Boissard

L’Insoumise, Laure Adler, Actes Sud, 2008, 20 euros

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Publié dans articles La Gazette

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