André Gide, vivre c’est créer

Publié le par Michel Boissard

 

André Gide, vivre c’est créer

 

On réédite les « Cahiers de la Petite Dame ». Une anthologie des trois mille pages écrites, entre 1918 et 1951, par Maria Van Rysselberghe, sa confidente, à l’insu d’André Gide, son modèle. Ces notes pour servir à l’histoire de l’auteur des « Nourritures terrestres » sont, selon Malraux, le contrepoint du journal de l’écrivain. L’éphéméride scrupuleux d’une âme libre. Qui brise le tabou de l’homosexualité. Dénonce le système colonial. Partage les illusions communes sur l’URSS. Mais refuse de confondre la cause de l’émancipation humaine avec la politique du communisme stalinien. Fréquente les meilleurs esprits d’hier, de Montaigne à Dostoïevski, et de son temps, de Claudel à Mauriac. Edifie une œuvre polyphonique : poésie lyrique, théâtre, soties, autobiographie et un seul, mais quel roman ! « Les Faux Monnayeurs ». Fait écho aux générations qui le suivent : Aragon, Breton, Chamson, Michaux, Sartre. En un mot : un esprit non prévenu. A ce contemporain capital qui reçut le Prix Nobel de littérature 1947, est dédiée cette collection « d’instants singuliers » devenue, selon Paul Valéry, « un monument de la mémoire ».

 

Michel Boissard

 

Je ne sais si nous avons dit d’impérissables choses, une anthologie des Cahiers de la Petite Dame, M. Van Rysselberghe, Folio, 2006, 10 euros

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Publié dans articles La Gazette

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