De Gaulle, entre légende et mythe
De Gaulle, entre légende et mythe
A l’entrée « Histoire » qu’il procure à ce passionnant « Dictionnaire De Gaulle », le gardois Maurice Agulhon, professeur au Collège de France, distingue utilement la légende du mythe. Le temps est révolu des « Chênes qu’on abat » (1971) où Malraux est au Général ce que Béranger fût à Napoléon : « Parlez-nous de lui grand-mère … » Si De Gaulle accède à un statut mythique, c’est en raison de sa dimension exceptionnelle dans l’histoire nationale. Qui le situe à côté de Jeanne d’Arc, de Louis XIV, de Napoléon et de Clemenceau. A leur image, objet d’approches cumulatives, contradictoires, transversales à une personnalité hors du commun. Milieu, formation, influences, carrière, postérité, parmi les mille notices dues aux trois cent spécialistes ici mobilisés, l’historien (longtemps nîmois) Roger Bourderon éclaire une facette du Politique perçant déjà sous le Rebelle à Vichy. En brossant les portraits de Fernand Grenier, délégué du PCF à Londres et de Rol-Tanguy, au rôle décisif pour la Libération de Paris à la tête des FFI. Pour sa part, l’universitaire montpelliérain Jean-François Muracciole explore la galaxie du gaullisme résistant. Avec le féal Boissieu, l’impétueux Capitant, l’as de l’aviation Clostermann, et Larminat à la conscience déchirée … Et nous offre un récit cursif de l’échec de Dakar (1940) comme de l’épopée de ceux de « Normandie-Niémen ». A lire sans attendre ni désemparer.
Michel Boissard
Dictionnaire De Gaulle, s/d C. Andrieu, P. Braud, et G. Piketty, Bouquins-Laffont, 2006, 31 euros.