Soboul, un historien en son temps : une passion enracinée

Publié le par Michel Boissard

Soboul, un historien en son temps : une passion enracinée

 

 

Pour nombre d’étudiants en Histoire des années 1960, le Soboul est l’indispensable viatique d’une connaissance pertinente de la Révolution française. La lutte fait alors rage entre des œuvres comme « 1789, l’an I de la liberté », « Les sans-culottes parisiens en l’an II », et la lecture néo-libérale par François Furet de l’évènement fondateur. L’essai rigoureux et généreux de Claude Mazauric restitue à son maître, collègue et ami Albert Soboul (1914-1982) sa place dans une lignée historiographique qui compte Jaurès, Mathiez et G. Lefebvre et s’attache à marquer le rôle du mouvement populaire dans l’enchaînement des faits historiques. Cette « sociologie » qui emprunte aux réalités matérielles et à l’étude des croyances et des mentalités, pousse aussi ses racines dans la formation familiale et sociale de Soboul. De milieu modeste, ayant tôt perdu ses parents, recueilli par sa tante Marie, directrice de l’Ecole Normale de Nîmes, il est élevé dans le culte des valeurs républicaines, laïques, rationalistes. De là encore, sa fidélité au communisme, de 1939 à sa mort en 1982 qui n’est jamais facile ni complaisante, tant l’historien comme le citoyen Soboul croit aux vertus d’honnêteté intellectuelle et de liberté de l’esprit.

 

Michel Boissard

 

Soboul, un historien en son temps, Claude Mazauric, suivi d’entretiens avec A. Soboul par R. Huard et M.J. Naudin, éditions D’Albret, 2004, 20 euros.

Publicité

Publié dans articles La Gazette

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article