Après toi: c’était lui, c’était moi

Publié le par Michel Boissard

Après toi: c’était lui, c’était moi

 

Christian Giudicelli fait la connaissance de Claude Verdier à Nîmes en 1960. L’un, natif de la cité des Antonin, va sur ses 17 ans ; l’autre, qui en a dix de plus, est originaire de Goudargues, la petite Venise gardoise. Le premier s’essaie à l’écriture et le second deviendra artiste-peintre. Commence alors une relation de près de quatre décennies, fondée sur une affinité amoureuse autant que sur la connivence intellectuelle, que la mort seule abolira. « Après toi » est une offrande à l’amitié qui se transforme en éloge de la séparation. Christian endure sa souffrance à la manière huguenote. Plus elle est vive, davantage elle est tue. Qu’il déménage la maison de Claude, prépare une rétrospective de son œuvre peint, s’acharne sur le commun récit d’un  voyage en Tunisie, se perde frénétiquement dans les bras des garçons, à chaque fois c’est pour dire l’immanence du lien brisé avec l’ami disparu. Matériel ou mental, le souvenir écrit le présent. On pense naturellement à Montaigne : parce que c’était lui, parce que c’était moi …

 

 

Michel Boissard

 

Après toi, Christian Giudicelli, Seuil, 2004, 17 euros.

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Publié dans articles La Gazette

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