Marc Bernard, portrait intime
Marc Bernard, portrait intime
En écho au recueil de portraits littéraires présenté par Stéphane Bonnefoi (A hauteur d’homme), Christian Estèbe nous procure la première biographie subjective de Marc Bernard (1900-1983). L’auteur, un montpelliérain tour à tour libraire et bibliothécaire, traumatisé par une rupture amoureuse, se tend à lui-même un miroir au fond duquel surgit le couple Marc Bernard-Else Reichmann. Que les lecteurs de « La mort de la Bien-aimée » (Gallimard 1972) n’ont pas oublié. Tant l’apprenti pâtissier de la rue du Chapitre devenu cheminot à Villeneuve Saint-Georges, l’écrivain découvert par Paulhan qui obtient le Goncourt 1942, met de force d’écriture dans ce chant d’amour. Dans cet adieu à la femme adulée, juive d’origine autrichienne, épousée à l’aube de la deuxième Guerre mondiale, prématurément disparue dans les années 1970. Autour de ce duo brisé par le destin, Ch. Estèbe ranime le monde oublié de l’auteur de « Pareils à des enfants » : Gide, Chamson, Cendrars, Poulaille, Dabit, Plisnier, Victor Serge …Part sur les traces nîmoises, témoignages vécus ou souvenirs amicaux, du gamin de la rue Bonfa. Dessine le profil à l’eau-forte de l’autodidacte généreux, subtilement cultivé, résolument humaniste. Qui écrivait : « Pour être fidèle, il suffit d’aimer profondément... »
Michel Boissard
Petit exercice d’admiration, C. Estèbe, Finitude, 2007, 13,50 euros