UN CHEMINEAU DE DIEU
UN CHEMINEAU DE DIEU
Dans la légende des Camisards – déconstruite par Philippe Joutard – aux côtés de Jean Cavalier – le stratège ( de Sauve), de Rolland – le partisan ( du Mas Soubeyran), d’Abraham Mazel – l’inspiré ( de Saint-Jean du Gard), reparaît la figure trop négligée d’Elie Marion (1678-1713) – le prophète ( de Barre des Cévennes). L’historien Jean-Paul Chabrol en brosse le subtil et vigoureux portrait. Réhabilitant le résistant les-armes-à-la-main, incarnation du prophétisme cévenol. Rebelle, né dans une famille de notables modérés ayant refusé les conversions forcées imposées par Louis XIV à « ceux de la RPR » (Religion prétendue Réformée). Doté de l’ambition de devenir juriste. Jeté à vingt ans dans la « Guerre des Cévennes » (1702-1704) pour défendre la liberté de conscience. Recruté dans la troupe des « Enfants de Dieu ». Puis, devenant un « Fou » de l’Eternel ! Prosterné devant Sa Face. Priant avec une ferveur mystique, le corps déjeté par l’inspiration divine, pleurant des larmes de sang. Haranguant les fidèles dans un discours ensemble populaire et nourri de la Révélation biblique. Etonnant phénomène de possession spirituelle, contrepoint au charnel « Register » inscrit dans la pierre de la Tour de Constance. Message qu’Elie Marion diffuse – chemineau de Dieu – des rives de l’Angleterre aux confins de l’Allemagne. Avant - en route vers « Rome la Paillarde », via Prague, Budapest et Belgrade – que de s’éteindre dans un paradoxal « Désert de mutisme » à Livourne, au bord de la Mer Thyrénienne….
Michel Boissard
Elie Marion, le camisard aux semelles de vent, J.P. Chabrol, 2008, Alcide, 10 euros