- AH DIEU, QUE LA GUERRE EST JOLIE !

Publié le par Michel Boissard

 L’un, Henri Bataille (1872 – 1922) est né à Nîmes. L’autre, Henri Barbusse (1873 – 1935) appartient à une lignée de cévenols huguenots qui fait souche à Tornac, prés d’Anduze. Le premier est un poète qu’aima Aragon (La Chambre blanche, 1989, La Différence). Mais surtout un dramaturge à succès – bien oublié – des débuts du siècle dernier (Les Flambeaux, Maman Colibri). Quant au second, avec « Le Feu » Prix Goncourt 1916, il reste l’imprécateur littéraire de la Grande Guerre. Avec Brieux, Donnay, Fleg ou Léo Poldès – engloutis de la scène, mais aussi Henry Bernstein, Marcel Achard ou Louis Delluc - rescapés de l’art dramatique, nos deux Henri sont deux des phares du théâtre «au front » 1914 – 1920, dont voici une remarquable étude anthologique. Selon l’universitaire Chantal Meyer-Plantureux, le théâtre demeure une terra incognita de la vie culturelle pendant la première guerre mondiale. Œuvre d’écrivains ou création de Poilus dans les tranchées, patriotard ou pacifiste, moralisateur ou d’avant-garde, il ne mérite cependant pas l’oubli que lui promettait Romain Rolland. Engagé, ce répertoire l’est, comme la très conservatrice « Amazone » d’Henri Bataille (1916). La Femme c’est l’Idéal et l’Humanité sous les traits de l’Infirmière qui accompagne l’agonie du Soldat « mourant heureux sous le corymbe des strophes et des roses » tressées ensemble par le Poète. A rebours, Bertrand, le héros du « Feu », adapté du roman de Barbusse, lettré et communiste comme son démiurge, met l’esprit crosse-en-l’air et prêche : « Honte à la gloire militaire qui transforme les hommes en stupides victimes ou en ignobles bourreaux ! » Michel Boissard
 Le théâtre monte au front, Editions Complexe, 2008, 25 euros
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Publié dans articles La Gazette

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