Portrait de famille, LP Fargue

Publié le par Michel Boissard

Etats d’âme de Léon-Paul Fargue

 

 

Fata Morgana remet en piste Léon-Paul Fargue. Pour les soixante ans de la disparition du Piéton de Paris. En 1947. L’année même de la parution de Portraits de famille. Cette dernière se nomme ici littérature. Rien d’étonnant pour qui eût Mallarmé comme professeur d’anglais et fût élève de Bergson au lycée Henri IV, Charles-Louis Philippe et Alfred Jarry en tant que condisciples. Le « gentilhomme des lettres » Henri de Régnier lui met le pied à l’étrier de la poésie. Avec Paul Valéry « un homme de nerfs et de muscles finement orchestrés », et Valery Larbaud « qui savait comme pas un ce que c’est qu’un ravage de l’âme », il fait amical commerce. Et fonde la revue homonyme. Il admire Anna de Noailles « sortant toute armée, sonore et scintillante d’un cerveau de dragon ». Francis Jammes, qui nous émouvra « tant qu’il y aura des arbres et des nids, tant que la terre donnera le jour à des roses ». Colette qui suggère « un désir de clarté, une lutte charnelle pour la volupté, une façon de dire les choses avec le maximum de musique ». Max Jacob, le poète interdit et maudit, mort en martyr à Drancy. En 1944. Comme Saint-Exupéry « l’homme complet à la courte vie romantique ». En un mot, de LP Fargue, voici un « diorama d’états d’âmes ». Autrement dit : une fresque que l’on soumet à de successifs jeux de lumière.

 

 

 

 

Michel Boissard

Portrait de famille, Léon-Paul Fargue, Fata Morgana, première éd . 1987, 18 euros

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Publié dans articles La Gazette

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