La petite comédie française, Y. Pradel
La petite musique d’Yvon Pradel
Languedocien autant qu’on peut l’être, dirait André Chamson. Natif de Saint-Chinian, étudiant en lettres à Montpellier, pion à Narbonne, enseignant à Nîmes. Nourrissant de plus une dilection particulière pour le sétois Valéry, auquel il consacrera son diplôme d’études supérieures. Languedocien, et solaire. Avec cette musique chantante des mots qu’on ressaisit dans la voix du comédien Yvon Pradel. Lequel, pour marquer de bonne façon ses quatre fois vingt ans, nous fait récit d’une vie passionnée par le théâtre. Car voici un véritable Protée des arts de la scène. Créateur en 1954 de la Compagnie des Arènes, metteur en scène, acteur, auteur, critique à la plume généreuse et à la dent dure. De « L’Echo du Midi » au « Midi Libre ». Cofondateur de l’ATP. Vu côté jardin et côté cour, il replace un demi-siècle de vie nîmoise sous les feux de la rampe. Au sens propre. Du Théâtre des Combattants (rue des Chassaintes) au Temple de Diane, lors des Férias de Pentecôte. De Göttingen à Abu-Dhabi, d’Alès à Valence … De Molière à Labiche, de Shakespeare à Lorca, de Beaumarchais à Yvon Pradel soi-même ! Ah, ces mémorables « Petites bornes », Prix de l’Avant-Scène 1960 ! Mais aussi au sens figuré. Cette « Petite Comédie Française » est un témoignage sur l’histoire d’une ville qui demeure un « vieux volcan » mal éteint. A la fois traversée de personnages vrais et romanesques, d’épisodes cocasses ou tragiques. De quoi écrire une nouvelle comédie satirique pour le répertoire de la Compagnie des Arènes …
Michel Boissard
La Petite Comédie Française, Y. Pradel, Monéditeur.com, 2007, 28 euros