Le Scribe de César : un roman en miroir

Publié le par Michel Boissard

Le Scribe de César : un roman en miroir

 

Un exil forcé révèle à lui-même le professeur Mariani, éminent spécialiste de l’antiquité romaine et figure de l’intelligentsia. Proscrit de France pour avoir comploté contre le chef de l’Etat – le Prince – dont il fût cependant le conseiller, le favori et l’ami, il vient chercher un asile dans « l’impeccable naïveté » de ses souvenirs d’enfance et de jeunesse, quelque part en Italie du Sud …

Le Scribe de césar est un roman d’initiation. Rien n’y manque. La lourde lumière du Sud s’y accorde au rythme lent du quotidien, à peine troublé par les ragots des vieilles désoccupées, quelques fêtes, ou des échappées vers la ville-d’à-côté. Les visages forts du père et de la mère, disparus, se jumellent à l’amour passionné, brisé par l’éloignement, que le narrateur a porté, porte toujours, à Laura …Et par dessus tout, la prégnance obsédante de Rome se grave dans le paysage originel.

Rome, dont l’histoire rattrape Mariani, grâce à la découverte d’un manuscrit dû au calame du scribe d’un centurion de César. Maintenant, le récit devient un roman en miroir. C’est que, pour dire comme Musset, le Professeur est deux fois « veuf de César ». Eloigné du Prince, il en retrouve l’ombre chez le fascinant Caïus Jules. La conjuration qui assassina celui-ci a sa réplique dans le complot meurtrier qui abattra celui-là. Cela s’accompagne d’une méditation sur l’homme de pouvoir, dont la lucidité désenchantée égale le charme d’écriture d’un livre qu’on aime à lire.

 

Michel Boissard

 

 

Le Scribe de César, Jean-Pierre Cabanes, HB éditions, 2002, 18 euros.

 

 

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Publié dans articles La Gazette

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