Thierry Maulnier (1909-1988), un alésien non-conformiste

Publié le par Michel Boissard

Thierry Maulnier (1909-1988), un alésien non-conformiste

 

Né Jacques Talagrand, à Alès -  fils d’un professeur profondément laïque et condisciple du socialiste et chrétien Péguy -, il est cependant un écrivain dans la pure tradition de la droite française. A l’Ecole Normale Supérieure (1928), le voici l’ami à la fois de Roger Vailland, le futur romancier communiste, et de l’écrivain Robert Brasillach, qui sera, en 1945, fusillé pour collaboration. « Non-conformiste des années 1930 » mais proche du nationalisme, il révère la pensée de Nietzsche en même temps que le classicisme de Racine (Grand Prix de la critique 1935). Cet Insurgé (titre d’une revue qu’il crée en 1937), qui se place sous le paradoxal patronage de l’antisémite Drumont et du Communard Vallès, dialoguera plus tard avec l’historien marxiste Jean Elleinstein (Dialogue inattendu, 1979), et exaltera « L’Honneur d’être Juif » (1971). Satiriste manqué de Sartre avec « Le Sexe et le Néant » (1960), une de ses pièces de théâtre, il porte à la scène « La condition humaine » de Malraux (1954), et son beau « Profanateur » figure au répertoire du Festival d’Avignon (1950). Successeur du très conservateur Henry Bordeaux à l’Académie Française (1964), il avait, dix ans auparavant, par amour de la littérature, brossé un remarquable portrait de la sensuelle, intrépide et scandaleuse Colette …

Publicité

Publié dans biblinimes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article