Louis Pasteur et « larbre dor » dAlès
Louis Pasteur et « l’arbre d’or » d’Alès
Sait-on assez que Louis Pasteur fut gardois de 1865 à 1871 ? Alors qu’il vient tout juste d’explorer le monde des microbes, il se lance dans l’aventure de la soie sur les instances du chimiste alésien Jean-Baptiste Dumas. Au milieu des années 1850, la sériciculture assure la prospérité du Midi. Des éducateurs du ver à soie aux filateurs, en passant par les propriétaires de magnaneries, les journaliers, femmes et enfants compris, c’est tout un monde qui vit de cette industrie. Célébrée sur le mode lyrique dans la Mireille de Frédéric Mistral. Voici que cette activité est frappée de plein fouet par une épidémie, la pébrine, ainsi dénommée par l’académicien Quatrefages en référence aux taches apparues sur les vers, qui ont la forme de grains de poivre (pébré en langue d’oc). Cette crise s’étend rapidement, engendre la récession, entraîne la ruine. « Que fait le Gouvernement pour adoucir de si grandes misères ? » s’exclame devant la Chambre le Député du Gard Joseph Fabre. Il envoie Pasteur. Celui-ci s’installe à Alès, faubourg de Rochebelle, puis à Pont-Gisquet, hors la ville, enfin à Saint-Hippolyte du Fort. Le savant s’acharne à un travail de terrain, fondé sur l’observation, nourri d’intuitions, constitué de multiples expériences. Cinq ans d’efforts, de déboires, d’erreurs, de critiques, de découvertes et de succès vont suivre. Au bout, la réussite … « C’est la chenille d’Alès qui a conduit Pasteur de la microbiologie à l’art vétérinaire et à la médecine » (Pr Patrice Debré).