Un socialisme de science-fiction

Publié le par Michel Boissard

 

Un socialisme de science-fiction

Naguère chroniqueur sur Radio-Montpellier, l’universitaire Charles Camproux ne croyait pas si bien dire … En révélant au jeune Francis Lacassin que son village natal, Saint-Jean de Valériscle, signifiait étymologiquement « vallée du risque ». Stimulant ainsi la prédilection du futur écrivain pour les pères fondateurs de la science-fiction. Tel H.G. Welles (1866-1946) dont il édite et présente les chefs-d’œuvre romanesques. Soulignant la nécessaire distinction entre anticipation et imagination scientifiques. « Vingt mille lieux sous les mers », et Jules Verne, d’un côté, « La machine à explorer le temps » (1895) de l’autre. La préfiguration du sous-marin versus le monde virtuel de la quatrième dimension. Le libertaire Nemo en lutte contre le colonialisme britannique. Ou bien la réalisation de la vision de Marx : le prolétariat des Morlocks entretenant la caste parasite des Elois, beaux et oisifs. Politique et socialiste, l’auteur de « L’île du Docteur Moreau » (1896) et de « L’homme invisible » (1897) l’est de façon radicalement différente de l’écrivain du « Tour du monde en 80 jours ». Celui-ci invite ses lecteurs adolescents à découvrir l’inépuisable richesse du monde. Elle-même révélée par l’incessante persévérance des hommes. Celui-là capture l’attention par une surprenante logique déductive. Qu’on prit en son temps pour du charlatanisme. Alors qu’il prédisait la deuxième guerre mondiale et la bombe atomique. Les manipulations génétiques et la Déclaration universelle des droits de l’homme. La guerre des étoiles et l’émancipation des femmes. La fin du colonialisme et les pluies artificielles. Tout ensemble prophétique et militant.

Michel Boissard

                                                Les chefs d’œuvre de HG Wells, Omnibus, 2007, 26 euros

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Publié dans articles La Gazette

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