Lumineuses Cévennes de Mario Colonel
Lumineuses Cévennes de Mario Colonel
Il faudrait la plume de Colette pour rendre compte des « Cévennes » de Mario Colonel. Sous l’objectif du photographe le regard est porté par les variations de la lumière. Laquelle, remarque Jean Carrière, n’est pas la même à dix heures du matin et à cinq heures de l’après-midi. N’a pas la même texture lorsqu’elle s’éclaire de l’or des genêts du col de l’Asclier ou domine l’aube au lac des Pises. Ni la même tessiture quand elle court entre les rochers schisteux du Gardon de Mialet, ou escalade parmi les bruyères les pentes du Bougès. Se joue des formes dans les paysages lunaires du causse Méjean. Caresse le granit rose des murs de la ferme de Troubat. Met le feu aux fayards, et en relief panoramique les bancels de Bonnevaux. Découpe les contreforts du mont Lozère, du côté de Gourdouze, dans la splendeur déchirante d’un soleil couchant. Invoque le Giono de « Que ma joie demeure » lorsqu’elle s’attarde dans le vent au sommet de Finiels (1699 m). Yann Cruvellier qui édite et présente ce superbe album le souligne : terre de nature et de ressources, les Cévennes sont aussi terre des hommes et du livre. La géographie n’en finit pas d’y épouser l’histoire et réciproquement. Né vers 431, dans une famille de noblesse gauloise, le poète Sidoine Appolinaire s’en émerveillait déjà …
Michel Boissard
Cévennes, M. Colonel, Alcide, 2006, 35 euros