LA TERRE EST BLEUE COMME UNE ORANGE

Publié le par Biblinimes

 

 

 

 

 

Point commun entre l'heure astronomique, la note musicale et notre vieille planète : la couleur bleue. Une gamme chromatique, qui va du bleu pâle au point du jour au demi-ton en moins de la musique de Blues, pour s'achever par le vers d'Eluard : « La terre est bleue comme une orange. » Romancier afghan, d'origine américaine, Khaled Hosseini oppose le Rouge de l'ancienne URSS au bleu-vert du Paradis d'Allah...Tandis que Paul Valéry nous émeut avec la « paix du bleu frais peinte sur or, or et nuit, or sur nuit » d'un matin d'été. Et que Jacqueline de Romilly, décrit un arbre, comme l'aurait peint Cézanne - dans le halo lumineux de la montagne Sainte-Victoire - « d'un bleu fait d'absence, suggérant une fuite vers l'irréel ». Le peintre Matisse n'en finit pas de répercuter sur ses toiles la clarté singulière du paysage méditerranéen, entre Saint-Tropez et Collioure, pour finir à Nice. « Nus bleus » et « La Danse » sont hantés à la manière d'un vers de Mallarmé : « L'Azur ! L'Azur ! L'azur ! L'azur ! » André Gide manie la métaphore d'un trouble désir amoureux lorsque, héroïne de la « Symphonie pastorale »,la jeune aveugle Gertrude demande au pasteur qui l'a recueillie, de lui aller ramasser un bouquet « de ces petites fleurs bleues qui sont de la couleur du ciel ». Albert Camus met un point d'orgue à cette anthologie, du côté de Tipasa, en exaltant les parfums mêlés des bougainvillées roses, de l'hibiscus rougeâtre, des roses-thé et des iris bleus d'un jardin qui se nomme Algérie.

 

Michel Boissard

Le goût du bleu, Mercure de France, 2013, 7 euros

 

 

Publié dans articles La Gazette

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