EN BONNE COMPAGNIE

Publié le par Michel Boissard

                                                   

 

En bonne compagnie, Raphaël Sorin, éditeur et critique depuis quarante ans ? Assurément ! Au côté du nîmois Marc Bernard (1900-1983) « compagnon de Barbusse, admirateur de Zola, un communiste, un autodidacte, qui sut parler en connaissance de cause des prolétaires, ou du chômage ou de la pauvreté. »  Rencontrant au café  André Fraigneau (1905-1991), encore un  natif de Nîmes « costume gris, pochette en soie, lunettes rondes, quelque chose de net, de pimpant avec retenue »,  l’admiration qu’il porte à Stendhal  ne l’empêchant pas de fréquenter le gratin de la Collaboration ! Assis sur un canapé « couvert de soie bleu pâle »,  face à André Pieyre de Mandiargues (1909-1991),  aux origines gardoises méconnues (il y a un Faubourg Mandiargues à Saint-Hippolyte du Fort),  qui vit dans l’amour de la peinture,  affectionne Gide, se veut à la fois « érotomane et puritain ». A l’écoute du romancier et poète Henri Thomas (1912-1993), racontant comment il fit sortir pour une  journée de son asile psychiatrique de Rodez un Antonin Artaud dont l’obsession était de manger des frites… Visitant aussi Simenon et  Julien Green. Ou admirant le bleu intense des tableaux de Jean Hugo (1894-1984), l’arrière petit-fils de Victor, qui l’attend « au fond de son atelier » au Mas de Fourques, entre Lunel et Sommières, avec poules et paons et « un chien noir qui a l’air sorti de Parade d’Erik Satie ».

 

                                                                                                                                                  Michel Boissard

21 irréductibles, R. Sorin, Finitude, 2009, 16 euros

Publié dans articles La Gazette

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